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L’abre qui est l’ami des paysans africains

Les arbres au secours de la planète... La preuve par un « arbre providence »> : l’arbre fértilitaire qui, en Afrique, contribue à la régénération des sols et soutient l’activités des petits producteurs de café et de cacao.

Un article de MARIE-CECILE ROYEN, sur Bruno DEVRESSE, 63 ans, élagueur dans les Cévennes, en France. Grace a des recherches découvre que, dans le village d’Agomé Kusuntu au GABON, de grands arbres poussent à côté de caféiers, en les dépassant, certes, mais en ployant délicatement leurs fines feuilles vers le sol, pendant la nuit, pour permettre à la rosée d’humecter celui-ci. Ces grands êtres ligneux appartenant à la famille des légumineuses arborescentes (Alb izia adianthifolia, Albizia zygia), répertoriées dès la fin du XVIIIe siècle et connues de l’agroforesterie traditionnelle africaine. A leur pied, la végétation est visiblement plus abondante. Lorsqu’on retire une jeune pousse de la terre, il est possible d’apercevoir entre ses racines les nodosités blanches qui renferment de l’azote, un engrais naturel. Ces arbres peuvent produire jusqu’à 20O kilos d’azote « bio » par an et par hectare.

Au Togo, Bruno Devresse s’attelle à objectiver ce savoir oublié et crée avec Kwamilogan,professeur de math et fils d’un sorcier guérisseur, l’Association pour la promotion des arbres fertilitaires, de l’agroforesterie et la foresterie (APAF). Il est soutenu successivement par la coopération belge, l’Union européenne et des fondations d’entreprises. Au fildu temps, l’Apaf a essaimé : Burkina-Faso, Sénégal, Mali, Cameroun, Côte d’Ivoire, Bénin. D’autres antennes sont en voie de constitution. L’Apaf a aussi des relais en Belgique, en France et en Suisse. L’ONG revendique la plantation de plus de huit millions d’arbres fertilitaires, qui ont enrichi plus de 50 0O0 hectares de terres agricoles en Afrique de l’Ouest. La démarche, qui a été validée par l’ULB : Coopération, se veut participative et à taille humaine. Quand ils ne préexistent pas dans leur milieu, les arbres sont produits en pépinières, puis introduits dans les champs. Les paysans sont formés à la gestion des pépinières, à la plantation des arbres et à leur entretien (élagage et abattage sélectifs). Ils apprennent à les régénérer de façon naturelle. Ils sont encouragés à mettre en place des haies vives qui, dans les zones"sahéliennes, protègent les cultures de la divagation des animaux. Un petit équipement (machettes, râteaux, pioches, arrosoirs) est alloué aux paysans et les plants sont gratuits. Depuis un an, la Fondation Yves Rocher finance (360 000 euros) le déploiement de l’arbre providence » dans cinquante villages togolais, camerounais et ivoiriens, dans le cadre de son plan de reboisement qui a déjà permis d’accroître le nombre d’arbres sur la Terre de cent millions d’individus de toute espèce.